Equipement France 40

Avril 1940 : Un jeune caporal du 62eme régiment d’Infanterie, pendant les derniers temps de la « drôle de Guerre ». Celui-ci a perçu la toute nouvelle capote modèle 1938, en complément du pantalon-culotte du même modèle. Il a sur lui l’équipement complet de campagne et est armé du MAS 36.
- Casque Adrian du modèle générale, modèle 1926, avec attribut frontal de l’infanterie métropolitaine modèle 1937.
- Chemise modèle 1935 et cravate régate, modèle 1935
- Capote pour troupes à pieds modèle 1938
- Pattes de collet (version de campagne) modèle 1914, avec disque d’identification du 2eme bataillon (rouge garance)
- Pattes d’épaules de campagne
- Fourragère au couleur du ruban de la croix de Guerre 1914 – 1918 (obtenu par le régiment en 1917)
- Grades de manche (version de campagne).
- Pantalon – culotte golf pour troupes à pieds toutes armes modèle 1938
- Bandes molletières modèle 1918
- Brodequins de marche modèle 1917
- Ceinturon toutes armes modèle 1903, modifié 1914
- Bretelles de suspension, modèle 1892, modifié 1914
- Passant trapézoïdal modèle 1935
- Cartouchières modèle 1935, modifié 1937
- Musette de transport pour l’Appareil Normal de Protection, modèle 1931
- Musette modèle 1935
- Bidon Modèle 1935
- Sac supérieur modèle 1935

Capote :
Élément le plus représentatif du fantassin français, la capote soulève des interrogations chez les non-initiés. Pourquoi porter un vêtement aussi inconfortable, et toute l’année en plus ? La réponse tient à plusieurs facteurs :
- Cet effet doit être à la portée du soldat en tout temps: l’avoir sur son dos, arrimé au sac, est impossible, l’homme étant déjà très chargé.
- Il s’agit d’un vêtement de cantonnement, c’est-à-dire qu’il peut et doit être utilisé comme couverture, en complément du couvre pied (petite couverture d’appoint).

Quelques détails de cet effet (il s’agit ici d’une pièce originale) :


- Le col est de forme « chevalière », sur lequel est cousue une paire de pattes, indiquant l’unité d’appartenance de l’homme. Ici, il s’agit d’un régiment d’infanterie (doubles soutaches bleu + chiffre de même), plus précisément le 2eme bataillon (disque de couleur rouge garance). Ces pattes sont en version de campagne ; en sortie et parade, le chiffre devient rouge garance. Des volets de dissimulation ont étés montés réglementairement pour cacher ces pattes, qui peuvent révéler les mouvements de troupes aux observations ennemies.

- Le devant présente une boutonnière simple (double sur le modèle précédent, à savoir 1920, modifié 1935), avec 5 boutons de gros modules (25 mm). Les autres boutons font 20 mm de diamètre, excepté ceux aux épaules (15) et au col (10). Deux pinces d’ajustages sont présents et le bas de l’effet n’est pas ourlé, mais directement découpé.

- Une paire de passants, doublés de cuir, permet d’insérer le ceinturon. Les poches sont de formes droites et ferment avec une patte de même taille.

- Le dos présente 4 boutons, disposé parallèlement. Les deux supérieurs servent à boutonner une martingale amovible, porté en sortie et parade. Bien placé, le ceinturon repose sur eux. Les deux inferieurs sont utilisés pour fixer les pans de la capote, permettant ainsi de faciliter la marche du soldat. Tous les boutons sont de couleur kaki en tenue de campagne et couleur métal pour les tenues de sortie et cérémonie (or pour l’Infanterie).

- Des pattes d’épaules de campagne, communément appelés « rouleaux d’épaules », ont pour fonction de retenir les bretelles de suspension et éventuellement la bretelle du fusil, si celui-ci est porté à l’épaule et éviter ainsi qu’elles ne glissent. La dotation théorique est de 2 par hommes, mais la dotation de guerre (réel) sera bien souvent d’un, voire aucun. Dans le cas d’un seul rouleau, on le placera côté droit, le fusil étant toujours porté à droite.


- La capote présente une doublure en toile blanche, sur laquelle sont tamponnés les cachets de fabrication et de réception, ainsi que la taille. On voit ici le lieu (Sotteville – les – Rouen) et la date de production (3eme trimestre de l’année 1939). Cette capote est neuve et n’a pas été fournie à une unité. Celle-ci aurait alors apposé un tampon, indiquant la date à laquelle elle l’a reçue.
En repos, notre homme s’est considérablement allégé. Ici est bien visible la chemise et la cravate précédemment citée, le masque à gaz, dans sa musette, est porté en tout temps, une attaque chimique peut toujours être à craindre. Il a coiffé le bonnet de police, modèle 1918, avec le galon de grade, réglementairement cousu sur le devant.

Différentes nuances de couleurs pour la chemise peuvent être rencontrées, allant du kaki vert clair au jaune ocre. Le devant présente un boutonnage « grand-père », s’arrêtant au milieu. Deux poches de poitrines boutonnées, le col est lui aussi pourvu de 3 boutons, deux à chaque pointe et un derrière.

Notre caporal est coquet, il a fait galonner, à ses frais, sa vareuse du modèle 1938, pour lui servir en ville. L’occasion se présente, le voilà en goguette. Pour la tenue de sortie, les brodequins, bandes molletières et pantalon-culottes restent les mêmes, la différence résidant dans la vareuse « passepoilé », et le port du képi.
Contrairement à la version de campagne, celle de sortie possède un passepoil de couleur rouge garance (identifiant un fantassin) sur le pourtour des parements de manches et des pattes d’épaules. Les grades sont également de couleur rouge garance, affectant la forme « fer de lance ». Les côtés présentent chacun un crochet pour le port du ceinturon. Les boutons et pattes de collet sont ici en version « voyantes », affectant les mêmes dispositions que la capote.
